Un message peut être juste et pourtant échouer : le canal est mal choisi, le vocabulaire trop technique ou le contexte mal compris. Les modèles de Jakobson, Shannon et Weaver offrent des repères complémentaires pour suivre le parcours d’une information, repérer ses points de friction et vérifier ce que le récepteur en retient réellement.
L’article en bref
Un schéma de communication rend visible ce qui se joue entre la personne qui transmet une information et celle qui la reçoit. Comparer plusieurs modèles aide à choisir le bon angle d’analyse, du sens du message au bruit qui perturbe sa transmission.
- Les bases du schéma : Repérez émetteur, récepteur, message, canal, code et contexte.
- La grille de Jakobson : Distinguez les six fonctions qu’un même message peut remplir.
- La transmission selon Shannon et Weaver : Identifiez le bruit et les pertes sur le canal.
- L’usage concret : Partez de l’objectif, adaptez le support et vérifiez la compréhension.
Ces modèles deviennent utiles lorsqu’ils éclairent un échange réel et conduisent à une amélioration concrète.
Schéma de la communication : définition et éléments essentiels
Un schéma de la communication représente le trajet d’un message entre un émetteur et un récepteur. Il sert à examiner les conditions de transmission, plutôt qu’à désigner trop vite un responsable lorsqu’un échange tourne mal.
Imaginez une PME qui annonce un changement de procédure. Si les équipes ne l’appliquent pas, la cause peut être un courriel peu lisible, un terme ambigu ou l’absence de retour permettant de repérer les incompréhensions. Le schéma aide à isoler ces facteurs.
Émetteur, récepteur, message et canal
L’émetteur formule une information avec une intention. Le message porte cette information, tandis que le récepteur la décode à partir de ses connaissances, de ses attentes et de la situation.
Le canal désigne le moyen utilisé : conversation, téléphone, document, courriel ou plateforme numérique. Une annonce urgente peut demander un échange oral suivi d’une trace écrite ; un sujet complexe nécessite souvent davantage qu’une notification brève.
Code, contexte, bruit et feedback
Le code regroupe les signes et conventions mobilisés : langue, vocabulaire métier, symboles ou images. Le contexte comprend notamment le moment, le cadre social et les circonstances. Une abréviation familière à une équipe peut rester opaque pour un nouveau collègue.
Le bruit rassemble les perturbations qui déforment la transmission : distraction, jargon, surcharge d’informations ou difficulté technique. Le feedback, ou retour, permet de vérifier ce qui a été compris et d’ajuster la suite de l’échange.
Dans un échange numérique, le canal fait parfois lui-même obstacle : une consigne dépendante d’une imprimante qui n’apparaît plus sur le réseau peut nécessiter un diagnostic pratique, comme dans ce guide consacré à une imprimante Epson hors connexion. Le support doit être vérifié autant que le contenu.
| Élément | Fonction | Point à vérifier |
|---|---|---|
| Émetteur | Initie l’échange | L’intention est-elle explicite ? |
| Récepteur | Interprète le message | Le niveau de langage lui convient-il ? |
| Message | Transporte l’information | Les idées principales sont-elles hiérarchisées ? |
| Canal | Fait circuler le contenu | Est-il adapté à l’urgence et à la nuance ? |
| Code et contexte | Orientent l’interprétation | Les références sont-elles partagées ? |
| Bruit et feedback | Perturbent ou valident la transmission | Un retour confirme-t-il la compréhension ? |
Modèle de Jakobson : les six fonctions du langage
Le modèle de Roman Jakobson complète l’analyse du trajet en s’intéressant à ce que le langage accomplit. Présenté dans ses travaux de linguistique au XXe siècle, il distingue six fonctions associées aux pôles de la communication : émetteur, récepteur, message, contexte, code et contact.
Les six fonctions de Jakobson en pratique
Un message peut remplir plusieurs fonctions à la fois, même si l’une domine. Dans une annonce interne, par exemple, les faits informent, le ton peut rassurer et une consigne peut inviter à agir.
- Référentielle : transmettre des informations sur un sujet ou une situation.
- Expressive : rendre perceptible l’état ou le point de vue de l’émetteur.
- Conative : chercher à faire réagir le récepteur, par une demande ou une consigne.
- Phatique : établir ou maintenir le contact, comme lors d’un test audio.
- Métalinguistique : expliquer un terme ou préciser le code employé.
- Poétique : attirer l’attention sur la forme, le rythme ou la formulation du message.
Une fiche technique privilégie souvent la fonction référentielle ; un slogan travaille davantage la fonction poétique. Dans les deux cas, la question utile reste la même : la fonction dominante correspond-elle à l’objectif et au canal choisi ?
Modèle de Shannon et Weaver : transmission, canal et bruit
Claude Shannon a étudié la transmission de l’information dans le domaine des télécommunications. Warren Weaver a contribué à faire connaître et à élargir la portée de cette approche. Le modèle, associé à leurs noms et publié autour de 1948-1949, décrit notamment la source, le codage, le canal, le décodage, le destinataire et le bruit.
Son apport majeur est de rendre les perturbations visibles dans la chaîne. Un signal peut être altéré en chemin, tout comme une consigne peut perdre en clarté à cause d’un document mal formaté ou d’un vocabulaire qui n’est pas partagé.
Ce que le modèle explique, et ce qu’il laisse de côté
Le modèle de Shannon et Weaver est pertinent pour analyser une transmission technique : où le signal se dégrade-t-il, et comment limiter les perturbations ? Il rappelle qu’un contenu correctement formulé ne garantit pas une réception fidèle.
Sa limite est sa représentation plutôt linéaire. Dans une conversation, le récepteur peut questionner, reformuler ou contester le message ; cette rétroaction transforme l’échange. Pour analyser ces interactions, il faut compléter la grille par une boucle de feedback ou une approche qui tient compte des groupes sociaux.
Un ordinateur utilisé pour transmettre des consignes doit lui aussi rester opérationnel. Dans un contexte professionnel, le choix d’un PC reconditionné pour une entreprise peut s’inscrire dans une démarche de durée d’usage, à condition de vérifier que l’équipement répond aux besoins de communication et de travail de l’équipe.
Lasswell et Riley : analyser l’effet et le contexte social
Les modèles de Jakobson et de Shannon-Weaver ne répondent pas à toutes les questions. La grille de Harold Lasswell aide à cadrer une action, tandis que l’approche de Riley et Riley rappelle que les personnes reçoivent les messages au sein de groupes et d’environnements sociaux.
Lasswell : qui dit quoi, à qui, par quel canal et avec quel effet ?
La formule de Lasswell organise l’analyse autour de cinq questions : qui parle, que dit-on, à qui, par quel canal et avec quel effet ? Elle convient notamment à la préparation d’une annonce, d’une campagne ou d’une communication de crise, car elle oblige à préciser le résultat attendu.
Elle reste toutefois principalement orientée de l’émetteur vers la cible. Pour savoir si l’effet se produit réellement, il faut ajouter une mesure ou un retour : réponse reçue, reformulation, décision prise ou action réalisée.
Riley et Riley : replacer les interlocuteurs dans leurs groupes
L’approche de Riley et Riley situe l’émetteur et le récepteur dans des groupes sociaux qui influencent la manière de produire et d’interpréter un message. Une même annonce peut être comprise différemment par une équipe technique, un service client et une direction.
Ce regard est particulièrement utile dans une organisation où plusieurs métiers collaborent. Il invite à vérifier les habitudes, les rôles et les références partagées, plutôt que de supposer qu’une information descendante aura partout le même sens.
| Modèle | Question centrale | Usage privilégié | Limite à garder en tête |
|---|---|---|---|
| Jakobson | Quelle fonction le langage remplit-il ? | Analyser le sens et la forme du message | Les fonctions peuvent se chevaucher |
| Shannon et Weaver | Où la transmission peut-elle être perturbée ? | Repérer les pertes et le bruit | La rétroaction est peu représentée |
| Lasswell | Quel effet cherche-t-on auprès de qui ? | Cadrer une campagne ou une annonce | Les échanges restent surtout linéaires |
| Riley et Riley | Quels groupes influencent l’interprétation ? | Étudier les échanges en organisation | Le système peut devenir complexe à cartographier |
Comment construire un schéma de communication utile
Un schéma devient opérationnel lorsqu’il aide à prendre une décision. Une petite équipe qui prépare une nouvelle procédure peut, par exemple, identifier ses destinataires, choisir les supports selon les usages et tester la compréhension avant de généraliser.
Partir de l’objectif et de la cible
Avant de choisir un courriel ou une réunion, définissez ce que le destinataire doit comprendre ou faire. Informer d’un changement, obtenir une validation et accompagner une nouvelle pratique ne demandent pas le même message.
Précisez ensuite ce que la cible sait déjà et les termes qu’elle connaît. Une consigne destinée à des spécialistes peut employer un vocabulaire métier ; une annonce adressée à plusieurs services doit expliciter les notions qui ne sont pas communes à tous.
Tracer le parcours et prévoir le retour
Sur une page, indiquez l’émetteur, le récepteur, le message, le code, le canal et le contexte. Ajoutez les risques de bruit, puis précisez le feedback attendu : réponse, reformulation, validation ou réalisation d’une tâche.
- Définissez l’effet attendu : ce que le destinataire doit savoir, décider ou accomplir.
- Décrivez la cible : ses besoins, ses connaissances et ses contraintes.
- Choisissez le canal : selon l’urgence, la complexité et la nécessité d’une trace.
- Simplifiez le code : expliquez les termes spécialisés et ordonnez les informations.
- Testez la compréhension : demandez un retour avant une diffusion plus large.
Quand un outil numérique génère un contenu inattendu, le problème peut relever autant de la formulation de la demande que du système utilisé. Un cas comme une erreur de flux dans ChatGPT rappelle l’intérêt de distinguer le message envoyé, le canal technique et le résultat réellement reçu.
Choisir le canal selon la situation de communication
Le canal influence la rapidité, la richesse des échanges et la possibilité de revenir sur une information. Un message urgent et nuancé supporte mal une chaîne de courriels interminable ; une procédure qui doit rester consultable mérite une trace écrite structurée.
Les outils numériques ajoutent parfois une dépendance matérielle ou électrique. Pour une équipe en déplacement ou sur un site isolé, un repère sur les stations d’énergie portables peut aider à réfléchir à la continuité des équipements, sans confondre disponibilité technique et compréhension du message.
| Canal | Atout principal | Risque fréquent | Retour à prévoir |
|---|---|---|---|
| Courriel | Conserve une trace consultable | Message noyé ou action floue | Réponse ou validation explicite |
| Réunion | Permet les questions immédiates | Digressions ou parole inégalement répartie | Reformulation et décisions consignées |
| Messagerie instantanée | Facilite les échanges rapides | Interruptions et contexte incomplet | Confirmation de la consigne importante |
| Page web ou réseau social | Diffuse une information à plusieurs personnes | Lecture partielle ou interprétations multiples | Questions, réactions ou actions observées |
Le choix ne se réduit donc pas à une préférence personnelle. Il dépend de l’objectif, de la cible, du degré de nuance nécessaire et de la manière dont la compréhension pourra être vérifiée.
Questions fréquentes sur les modèles de communication
Quels sont les éléments d’un schéma de la communication ?
Il comprend généralement un émetteur, un récepteur, un message, un canal et un code. Le contexte, le bruit et le feedback complètent l’analyse en montrant les conditions de transmission et les obstacles possibles.
Quelle différence entre Jakobson et Shannon-Weaver ?
Jakobson analyse les six fonctions du langage et les pôles auxquels elles se rapportent. Shannon et Weaver s’intéressent surtout à la transmission du signal, au canal et au bruit qui peut l’altérer.
À quoi sert le modèle de Lasswell ?
Il aide à cadrer une communication en posant cinq questions : qui dit quoi, à qui, par quel canal et avec quel effet ? Il est utile pour préparer une annonce ou analyser une campagne.
Comment savoir si un message a été compris ?
Ne vous contentez pas de vérifier qu’il a été envoyé ou lu. Demandez une reformulation, observez la réponse ou vérifiez si l’action attendue a été réalisée.
Les modèles classiques s’appliquent-ils aux échanges numériques ?
Oui, comme grilles d’analyse, mais les échanges numériques sont souvent interactifs et rapides. Il est donc utile de compléter les modèles linéaires par le contexte social et une boucle de feedback.
Je suis Lucas Renaud, rédacteur tech passionné de numérique malin et durable. J’écris des guides clairs pour acheter reconditionné, faire durer ses appareils et rester protégé en ligne — sans jargon inutile.





